Taille de sélection sur quercus suber

Pour ce nouvel article, j'ai décidé de mettre en ligne une taille de sélection de branche sur un quercus suber, un an après son prélèvement. Cette opération fût réalisée au printemps, juste avant la montée de sève.

L'arbre brut se découvre sur ses quatre faces, avant toute intervention. En effet après son prélèvement, il fût laissé libre de toute pousse pour favoriser son enracinement.

Je voudrais attirer votre attention sur cet petite planche qui au moment de sa première mise en pot, me permis un maintient parfait de l'arbre pour assurer sa reprise. Même si cela n'est pas d'un plus bel effet esthétique, peu importe, c'est un arbre en culture.

Toute intervention ou travail de mise en forme se déroule de manière chronologique ; c'est-à-dire que nous commençons du bas vers le haut, donc du nébari de l'arbre à son sommet. Nous débutons donc par un nettoyage de sa base en supprimant ses rejets. Comme vous pouvez le constater, cela se fait à la pince concave pour la coupe ait une forme creuse permettant une meilleure cicatrisation sans bourrelet disgracieux.

Ensuite, nous continuons notre progression dans notre travail de taille. A travers ces photos successives, je voudrais insister sur un détail. Nous parlons souvent de conicité de l'arbre par rapport à son tronc mais il est tout aussi important que la "conicité" au niveau des branches soit esthétique. C'est pourquoi j'ai fait le choix de conserver le départ de cette branche naturelle puis de repartir avec une toute nouvelle pousse ; grâce à cette méthode, nous avons ainsi une belle "conicité" des branches principales.

Ces deux photos mettent en évidence le souci du sommet de cet arbre ; et oui, nous allons devoir faire un choix d'apex pour rendre une belle proportion à ce quercus.

Voilà, le choix est fait. Le travail débute par une élimination des branches inutiles. De ce fait, cela va permettre de réaliser, par la suite, une coupe nette et précise du tronc.

Pour plus de sécurité et ne voulant pas abîmer les nouveaux petits rameaux, je place un morceau de chiffon autour du tronc et l'entoure doucement avec un fil élastique pour le maintenir en place. Grâce à cela, le tout est fixe et le travail de coupe peut se faire en toute sécurité. Pour accomplir ce travail, je choisis la tronçonneuse, elle me permet de réaliser une coupe nette et précise. De plus, de par la vitesse de rotation de le chaîne, seule de petites vibrations se font ressentir à l'inverse d'un sciage classique réalisé à la main.

Par la suite, vous pouvez voir en détail la coupe et l'endroit où elle fut réalisée.

Ensuite, la coupe est légèrement évidée pour obtenir une forme creuse. Ce type de travail est réalisé avec une pince concave.

Sur la dernière photo de cette série, nous pouvons nous apercevoir du creusement réalisé. En effet grâce à celui-ci, le liège recouvrira cette coupe plus facilement et sans faire trop de bourrelets disgracieux. Notre conicité tant convoitée n'en sera pas affectée.

Par la suite, comme vous pouvez le voir sur les photos, je diminue encore la hauteur de cet arbre pour atteindre un rapport diamètre du nébari/hauteur de l'arbre agréable à regarder. J'utilise cette fois un simple sécateur, vu la dimension de la branche ; la coupe est faite en diagonale, sur l'arrière de l'arbre et recevra le même traitement que la grande précédemment (creusement).

Voilà l'arbre sur ses quatre faces après ce premier travail de taille de sélection.

Cependant j'aimerais vous faire remarquer un détail qui ne me convient pas. En effet, sur la partie haute à gauche de l'arbre, il existe toujours une légère grosseur disgracieuse. Je ne suis pas satisfait de mon travail ; ceci sera repris le printemps rochain pour atteindre une conicité agréable à regarder. Comme quoi les arbres sont sans cesse en évolution et il ne faut surtout pas hésiter à se remettre en question, en quête perpétuelle du chemin qui mène à la beauté retranscrite lorsqu'un arbre nous parle, c'est-à-dire quand il nous offre cette émotion...