Rempotage pinus sylvestris

A travers cet article, j'ai l'intention de faire part de mon travail, de partager une de mes expériences pour communiquer un savoir-faire sur le rempotage d'un de mes arbres.

Ce pin fut prélevé au cours de l'automne 2002. J'étais seul et je me souviens parfaitement de sa situation sur le terrain... Un arbre faible, livrant une bataille perpétuelle contre les éléments naturels. Sa reprise fut difficile : la première année, il n'avait pas poussé mais il était resté bien vert, délaissant les bourgeons d'origine situés à chaque bout de branche, pour de nombreux et nouveaux petits. Ses bourgeons apparaissaient entre les aiguilles, laissant ainsi un bel espoir quant à sa survie.

L'année suivante, cet arbre allait sûrement exploser de santé. Il était en meilleure forme mais je ne le sentais pas vraiment au maximum de sa vigueur. Je lui laissai donc terminer son année tranquillement avec, bien entendu, une bonne fertilisation organique, me disant en moi-même qu'avec une année de plus, l'arbre serait fort avec un beau pain racinaire.

Ensuite, au cours de l'année 2005, l'arbre poussait doucement mais toujours un peu en retrait. Je pensais déjà au printemps suivant et à son rempotage pour lui enlever le maximum de cette mauvaise terre qu'est l'argile, sans arrêt humide et donc asphyxiante pour ses racines.

Voici l'arbre avant son rempotage, dans sa caisse de polystyrène d'origine : il est sain et bien vert !

Vous pouvez voir que le travail commence par le passage d'un outil tranchant qui permet de bien désolidariser le substrat de son support d'origine.

Ensuite l'arbre est basculé vers l'avant pour le faire glisser hors de sa caisse. J'insiste sur cette opération : l'arbre est glissé doucement et surtout pas arraché par le tronc pour le dépoter. Ce glissement permet de préserver les nouvelles radicelles émises qui sont excessivement subtiles et d'une importance telle que la survie de l'arbre en dépend. Une fois l'arbre dépoté, la motte reste entière et compacte, toujours grâce à ce travail de glissement.

Vient ensuite le travail de réduction de cette motte. Le nouveau substrat rajouté autour de la terre d'origine est facilement défait grâce à l'utilisation de la baguette. Le mouvement de la baguette se fait toujours du nébari de l'arbre vers l'extérieur pour demeurer dans le sens de la pousse racinaire. Si cela se faisait dans une autre direction, le risque de couper et arracher les racines serait très important.

Après un court instant, nous arrivons à cette fameuse argile. A partir de ce moment, un travail rigoureux, délicat et très attentionné rentre en jeu. En effet, il faut émietter cette argile tout doucement pour ne pas abîmer les racines de l'arbre. C'est un travail long qui mérite une bonne dose de précision.

Enfin, l'arbre est débarrassé de cette affreuse terre. Remarquez l'état du pain racinaire de cet arbre après plusieurs années dans sa caisse de polystyrène : il n'est vraiment pas excessif. Je ne suis pas satisfait de cette faible quantité, quelle conclusion à retenir ?

Cet arbre a toujours eu un côté faible, même après plusieurs années de caisse et de nombreux soins. Je pense que son argile d'origine y est pour beaucoup. Pour comparaison, je vous passe la photographie d'un des autres rempotages toujours sur un pin sylvestre après seulement deux printemps dans son pot. Un arbre fort dès sa première année et un beau chevelu témoignent d'une bonne culture et assure une reprise sans trop de risque.

Je communique cette expérience pour la partager avec vous ! Grâce à la mise en commun de ce type d'échanges, il sera plus facile de s'approcher de la réelle capacité de chaque arbre à s'adapter à différentes situations. Tout arbre a une âme et une force. Il sera toujours décideur, le seule maître de sa vie.

Vient ensuite le moment de supprimer au sécateur toute racine morte ou pourrie pour assainir au maximum son système racinaire. Aucune racine vivante ou radicelle n'a été coupée, bien au contraire : elles ont généré un maximum d'attention.

Le moment de l'essayage dans sa nouvelle poterie est arrivé. Il a été mis en place sans aucun problème. L'utilisation de cales a été nécessaire pour me permettre d'avoir assez de recul dans le choix de sa future inclinaison, une position le mettant plus en valeur et qui ne sera sûrement pas celle définitive. En effet, pour toute mise en forme de la partie aérienne, nous devons laisser l'arbre nous guider...

Je voudrais attirer votre attention sur un point particulier : la fixation de l'arbre dans son nouveau pot. De cette phase, avec sa bonne mise en pratique, dépendra la survie de votre arbre.

Ce pin est placé dans une poterie de culture et non dans son pot d'exposition. Même si les fils de fixation passent sur le tronc et sont donc visibles, ce n'est pas un problème, au contraire ils sont le témoin d'un bon ancrage et d'un travail soigné.

Regardez l'utilisation de la petite cale à gauche du pot, sous le tronc, toujours pour sa stabilité !

Vous pouvez voir ensuite la mise en place du nouveau substrat. Il est déposé dans le pot tout autour de l'arbre pour être ensuite tassé et glissé sous le tronc grâce à la baguette en bois et mon doigt.

C'est un geste garantissant l'élimination de toute poche d'air susceptible d'être présente dans le pot.

Une certaine mise en valeur de l'arbre due à sa nouvelle poterie. Un pas de plus dans sa vie de bonsaï...

N'oublions pas que toute intervention, si petite soit-elle sur un arbre, est un stress pour lui. Il faut qu'elle soit réfléchie et mesurée pour mettre toutes les chances de son côté.

Il est évident qu'un pourcentage assez important de risque est présent lors d'une telle intervention, un risque calculé. Mais pour la suite de sa vie et quelle que soit la personne à ses côtés, plus aucun risque racinaire ne sera encouru, lui garantissant une stabilité durable !