Démo EEBF 2007

Rendez-vous fut pris pour assurer une démonstration au cours du rassemblement annuel de l'École Européenne de Bonsaï en France. Un des représentants de l'école ayant réussi le master, je décidais, pour cette occasion, de travailler un pinus sylvestris récolté par mes soins quelques années auparavant.

Voilà comment se présente l'arbre au tout début du travail. Notez qu'il ne s'agit pas d'un arbre exceptionnel mais plutôt "courant". Bien sûr, ce pin présente tout de même une belle écorce, un peu de mouvement et une ramification assez importante. Grâce à cela, il est aisé d'obtenir un bon résultat dès la première mise en forme.

Bien entendu, l'arbre est désaiguillé, les bois morts travaillés, le raphia posé. Suite à ces opérations, je poursuis le travail par la ligature de la première branche, comme le montrent les photos.

Pour cette démonstration, une fois que chaque branche est ligaturée, je décide de la positionner : abaissement, pliage, torsion. Une fois en place, je crée et dispose le plateau de façon sommaire. En effet, ce n'est seulement à la fin, lors de la mise en forme finale, que feuillage et espace vide prendront place de façon très précise. Remarquez donc la naissance des premières masses foliaires.

Parfois, il s'avère nécessaire de mettre en place un tirant. Celui-ci permet une bonne tenue de la branche dans la position désirée. L'emploi d'une pince plate, pour la mise en tension des fils de cuivre, est alors indispensable.

Une fois cette opération exécutée, je poursuis tranquillement la ligature de mes branches supérieures.

Et hop, le clic ! Ce court instant où je suis dans mon arbre...

Filo, filo (ligature, ligature...) Petit à petit, avec quiétude, plaisir et sûreté, j'atteins la partie supérieure de l'arbre. Notez que, lorsque j'arrive sur la ligature de fil de petit diamètre, le ciseau est conservé dans ma main. Expérience et habitude riment avec savoir-faire.

L'arbre monte de plus en plus ! Lors de la mise en place finale, il est nécessaire d'être précis et délicat dans les moindres détails, concentration et rigueur pour exhaler toute la beauté de ce pin.

Aqui lou ! Un bonsaï est né !

Quelques macros pour mettre l'accent sur des points précis. L'utilisation du raphia teinté, pour un souci d'esthétique : il est moins tape à l'œil qu'avec sa couleur d'origine témoignant d'un travail propre et soigné. Présence de tirants en plusieurs endroits de l'arbre. Parfois, il est nécessaire de ligaturer un jin pour vriller et donc maintenir ses fibres de bois en position.

Prise de vue réalisée juste après la démonstration dans mon atelier. L'arbre se présente sous ses quatre faces respectives et même de dessus.

Preuve que même durant une démonstration, l'arbre n'est pas sacrifié, tortillonné dans tous les sens. C'est seulement l'emploi et le respect de techniques appropriées pour permettre d'utiliser les parties vivantes et de les positionner pour créer... un petit nouveau dans le monde du bonsaï !