Démo EDG 2007

Comme le titre l'indique, il s'agit de la convention esprit de Goshin d' E.D.G. bonsaï qui a eu lieu à Versailles. Pour cette manifestation, j'ai eu le plaisir d'être invité pour assurer une démonstration. Vu qu'elle se déroulait au mois de juin, je décidais de ne pas travailler un arbre qui nécessiterait de forte pliure ou torsion. En effet, les jours les plus chauds approchant à grande vitesse, la période ne s'y prêtait en aucune façon. Mon choix s'est donc porté sur un genévrier chinensis de Taiwan avec lequel je réalisais un restyling.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, un peu d'historique s'impose. Ce genévrier est arrivé dans ma pépinière suite à un échange. Il faut que ces arbres arrivent dans des pots de culture ronds et assez hauts. Le tout premier travail fut de le rempoter dans un pot santini bas au début du printemps. Pour cela, une réduction rigoureuse de la motte était entreprise en utilisant les baguettes et en m'aidant de l'eau. Je réussis à atteindre le cœur de la motte où je trouvais une argile bleu-grise, compacte, la terre d'origine ! A la fin de cette étape, il était pratiquement à racine nue. Une fois dans son nouveau pot, je le remplis avec cent pour cent d'akadama. Suite à cela, l'arbre s'arrêta complètement de pousser, il resta vert mais sans aucune pousse. Puis ce n'est qu'au cours de la fin de l'été, après les fortes chaleurs, que l'arbre émis de petites pousses, signe de reprise végétative.

La première mise en forme de ce genévrier eut lieu au cours des jours de perfectionnement de l'E.E.B.F. Place aux images et au travail...

Voici l'arbre tel qu'il se présentait en août 2005, juste après un dégrossissage des bois morts. Remarquez la santé de cet arbre, cela s'observe à la longueur des nouvelles pousses.

Me voici au travail pour changer... Nettoyage de la végétation pour permettre une pose correcte du fil de ligature. Lorsque je parle de nettoyage, j'entends la suppression des pousses juvéniles et celles mal placées : sous les branches, à l'intérieur de fourche...

Regardez l'avancement des travaux, petit à petit l'arbre sera entièrement ligaturé.

Une vue de détails, sur la réalisation du bois mort. Certaines fibres sont volontairement taillées droites et laissées avec une longueur suffisante sur le tronc pour permettre de les reprendre à la pince plate au cours de la période adéquate et petit à petit pour permettre à l'arbre de se régénérer.

Voici l'arbre à la fin de cette première mise en forme ! Une silhouette est créée, les grandes lignes tracées !

Un an et demi après, le genévrier sous ses quatre faces. Les ligatures ont été enlevées. L'arbre est sain et à bien poussé.

MAu petit matin à Versailles, jour J de la démonstration !

Quelques minutes plus tard, je suis déjà parti ... Dans mon arbre bien entendu !

Une fois le nebari nettoyé, une pulvérisation est effectuée avant le brossage du tronc et des branches principales. C'est un travail un peu contraignant, surtout sur des genévriers en cours de formation (n'ayant pas encore une seule veine) et pour ceux de grande dimension.

Lorsque la présence de grandes écailles est notable, il est possible de les décoller doucement avec l'aide d'un cutter. En effet, la pointe de la lame est glissée en dessous et, d'un mouvement de rotation du cutter, l'écaille se décolle. Ce travail nécessite de le rigueur pour ne pas endommager le cambium du sujet.

Regardez comment se présente le tronc, d'un rosé-rouge, si joli sur les genévriers. Bien entendu, toute les écailles (les plus petites) ne peuvent être enlevées d'un seul coup. C'est grâce à une intervention régulière de ce type durant plusieurs années, qu'un simple brossage suffira pour mettre en plein jour cette couleur si particulière.

Rafale de prise de vue, démarrage de la ligature toujours de la première branche en remontant vers le sommet de l'arbre.

Le lendemain matin, l'arbre est entièrement ligaturé, la mise en forme peut commencer.

Et voici un nouvel arbre ! Et oui, avez vous remarqué ? Cette nouvelle face est en fait la face arrière du genévrier en 2005. Un arbre est en perpétuelle évolution, notre regard se doit de l'être aussi. Sur cette nouvelle face, très précise en cet instant mais qui risque encore de changer de quelques degrés, la présence d'un nébari intéressant est à noter (un plus, mais non indispensable), la future veine vivante sera visible (indispensable). De surcroît, le mouvement rime avec harmonie sur l'ensemble de l'arbre.

Comme futurs travaux à prévoir, il sera donc essentiel d'intervenir pour créer une seule veine vivante, signe de beauté et de valeur esthétique pour les genévriers.

A travers les quelques lignes suivantes, Je veux remercier Michel Sacal, Jean Luc Rouxel ainsi que tout le staff E.D.G. pour cette grandiose manifestation et la confiance qui m'a été accordée pour mener à bien cette démonstration.